l'homme et la fourmi

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l'homme et la fourmi

Message  Admin le Mer 13 Fév - 3:10

Avant toute chose, il faut savoir que comparer ne signifie pas conclure : ainsi à la fin de cet essai, il ne saurait y avoir de conclusion tranchée, ni prise de position, ni résultat, ni même de moralité. De plus, mes propos paraitront absurdes, déplacés, insolents, inacceptables, ou pire encore... cependant, ce que j'écris ne sera jamais ce que je pense réellement ; peut-être qu'à certain moment, je penserai ce que j'écrirai et j'écrirai ce que je penserai, mais vous ne le saurez jamais.

Tout d'abord, il faut se demander ce qu'est une société. En effet, la comparaison de toutes choses nécessite qu'elles soient définies pour et par elles-mêmes ; par exemple, pour comparer un homme et une femme, il faut qu'un homme soit défini comme un être humain au regard de la femme et réciproquement, qu'une femme soit définie comme un être humain au regard de l'homme. Si telle base n'était le cas, la comparaison s'arrêterait à constater que ces deux choses sont totalement différentes — ce qui ne mènerait à rien.

Ainsi, qu'est-ce qu'une société ? D'après une définition du Larousse, la société serait une réunion d'individus vivant en groupes organisés. Cette phrase montre déjà deux mots importants : individus et groupes organisés ; ces termes peuvent être considérés comme antonymes, en effet l'individu forme la base de la société et le groupe organisé en est l'objectif suprême. Un objectif suppose qu'il y a eu une volonté à la base, c'est-à-dire qu'on a créé quelque chose pour arriver à un résultat. Ici l'Homme aurait inventé la vie en société pour vivre d'une manière organisée, c'est-à-dire rationnelle et rentable. Donc, si l'Homme a inventé la société, celui-ci n'est pas apparu sur Terre pour vivre en société, mais a modifié son comportement pour y vivre. En revanche, toujours d'après le Larousse, la Fourmi est un insecte de quelques millimètres de long, vivant en société ; dans ce cas, vivre en société fait partie intégrante de la définition de la Fourmi, c'est-à-dire qu'une Fourmi sans société n'est plus une Fourmi... Son comportement ne serait alors défini que pour servir une communauté de fourmis. Ainsi, ces deux espèces animales, l'Homme et la Fourmi, vivent en société, c'est-à-dire que des individus vivent ensemble de manière organisée. Mais déjà, une différence de taille les sépare : la Fourmi possède un comportement totalement sociable tandis que l'Homme possède une volonté sociable tout en gardant ses caractères individualistes. Mais alors, quelles en sont les caractéristiques ?

En effet, en étudiant ces deux espèces, on se rend compte que tout les rapproche, quasiment à tous les points de vue. Par exemple, les hommes savent construire des gratte-ciels de cinq-cents mètres de hauteur, ce qui correspond à des tours deux-cent-cinquante fois plus hautes qu'un Homme ; quant aux Fourmis, elles peuvent construire des fourmilières de deux mètres de hauteur (et deux mètres en profondeur), ce qui correspond à des constructions mille fois plus hautes qu'une Fourmi ! Un autre exemple : on pense — à tort — que l'Homme a inventé le premier l'agriculture et l'élevage — et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'on dit que l'Homme est intelligent —, mais on a découvert que certaines espèces de fourmis savent cultiver des champignons et des plantes, et élever et apprivoiser des animaux comme les pucerons. On dit aussi que l'Homme a inventé la célèbre roue — dont les Mayas n'avaient apparemment pas trouvée d'utilité —, mais la Fourmi l'utilise aussi... en effet, elle utilise des boules d'excrément que forment les bousiers — ce sont des coléoptères. De plus, une des caractéristiques de l'Homme est le langage : en effet, celui-ci communique par la parole et possède un vocabulaire très étendu et en de nombreuses langues ; de même, la Fourmi communique par des phéromones, dont elle fait varier la composition chimique et la quantité, ce qui lui permet d'exprimer de nombreuses idées. Et les exemples de ce type ne manquent pas... Ainsi, ce ne sont pas toutes ces inventions techniques qui peuvent distinguer l'Homme de la Fourmi.

On peut alors essayer de comparer le comportement de l'Homme et de la Fourmi envers les diverses apparences qui composent leurs espèces, ainsi que les diverses catégories d'individus de leurs sociétés. En effet, il ne s'agit pas d'oublier, qu'il existe plusieurs espèces de fourmis (des fourmis rousses — formicæ rufæ —, des fourmis naines — iridomyrmeces humilies —, des casse-graines — messores barbari —, etc.), comme il existe plusieurs apparences d'hommes (les Noirs africains, les Asiatiques, les Blancs européens, etc.). Chez l'Homme, il a toujours existé des conflits entre ces groupes d'hommes, ce qui a donné des périodes d'esclavage, de discrimination, de génocide,... De même, il y a des guerres de races chez la Fourmi qui ont permis l'apparition de races de fourmis spécialisées dans les conquêtes et de fourmis esclavagistes — polyergi rufescentes. On peut noter aussi que chez l'Homme, des individus d'un même groupe s'affrontent de temps à autre, comme par exemple dans le cas de rébellion ou de coup d'état ; de même, on a déjà observé dans des fourmilières des rebellions de fourmis contre leur propre reine et cela sous la pression d'une jeune reine qui n'a pas envie de fonder sa propre colonie. D'autre part, l'une et l'autre espèce ont développé des techniques de guerres très efficaces, comme par exemple le char d'assaut et la bombe chez l'Homme, et le jet d'acide formique et la vaporisation de colle chez la Fourmi. La seule différence serait peut-être que la Fourmi est la seule à lutter contre d'autres espèces comme les termites et les guêpes, alors que l'Homme a déjà exterminé tous ces adversaires potentiels et repose sur ses lauriers — cependant il oublie les bactéries, les rats, ou d'autres espèces.

Du côté des catégories d'individus, on retrouve chez l'Homme des corps de métiers comme les boulangers, les agriculteurs ou les bâtisseurs ; chez la Fourmi, on retrouve presque les mêmes catégories, c'est-à-dire les fourmis réservoirs — myrmecocysti melligeri —, les moissonneuses — pogomyrmeces molefacientes — et les fourmis tisseuses — lasii nigeri. Cela montre donc bien que ces deux espèces suivent une évolution presque identique. Mais c'est ici qu'arrivent les plus grandes différences : l'appartenance à une caste est définie avant même la naissance chez la Fourmi, et ces individus ne contestent en rien leur condition ; alors que chez l'Homme, chacun veut parvenir au niveau le plus élevé alors qu'il ne possède pas les qualités requises, ce qui entraine donc des conflits qui peuvent mettre en péril la société. En effet, si personne ne voulait s'occuper des ordures, tout le monde mourrait de maladies. Chacun part au même niveau et l'ordre n'est en fait établi que par l'autorité d'autrui et la nature de l'Homme ne permet pas cette soumission — c'est un aspect individualiste de l'Homme ; c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il existe des rois et des présidents (chez la Fourmi, la reine n'a en fait aucun pouvoir). Ainsi, la différence entre l'Homme et la Fourmi serait l'égoïsme : chez la Fourmi, toute vie est importante à leurs yeux, mais celle d'un individu en a autant que celle d'un autre ; alors que l'Homme est persuadé que sa propre vie est plus importante que celle des autres. Dans le cas où l'Homme n'est pas égocentrique, il ne saura pas faire la différence entre sauver une vie et sauver sa société, c'est-à-dire qu'il sauvera la vie inutile. Chez la Fourmi, leurs décisions sont dictées par l'instinct, ce qui permet de faire le bon choix. Ainsi, on vient juste de trouver un début de réponse.

Mais, l'égoïsme n'est pas la solution. En effet, lorsque l'Homme vivait seul, en tant qu'homo erectus, l'égoïsme ne pouvait exister puisqu'il n'y avait pas de rapports sociables entre hommes. Cette conscience est donc apparue à cause d'un certain changement, et c'est ce changement qu'il faudra rechercher, en suivant l'évolution de l'Homme. Un début de réponse : à quel moment se manifeste le plus fortement l'égoïsme d'un individu ?... juste avant de mourir ? en effet, ce serait la prise de conscience par l'Homme de sa mort. En inventant la médecine, il a essayé de contrôler la mort, enfouissant alors ses peurs profondes dans son inconscient, c'est-à-dire cachant son individualisme dans son collectivisme, se vantant de son pouvoir apparemment divin.

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